Clôture de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Le 10 Janvier 2011, Gaston FRANCO présidait la conférence de clôture de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et la précarité, organisée par le collectif "Ni pauvre ni soumis".

Extraits de l’intervention de Gaston FRANCO

"Décidée lors de la présidence française de l’Union européenne en 2008, ce grand évènement de sensibilisation aura eu le mérite de mettre la pauvreté sur le devant de la scène partout en Europe alors que la crise produisait ses effets dévastateurs.

Fondée sur les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de solidarité, l’Union européenne a mis au cœur de son engagement la reconnaissance du droit fondamental de l’ensemble des femmes, des hommes, des enfants à vivre dans la dignité.

La construction d’une Europe davantage fondée sur l’inclusion a été affichée comme une priorité au Conseil européen de Lisbonne de 2000 afin que la pauvreté soit éliminée à l’horizon 2010. Or, dix ans après, force est de constater que l’Union européenne a échoué dans sa mission.

Même si nos systèmes de protection sociale comptent parmi les plus développés au monde, la réalité sociale est bien triste. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 79 millions d’Européens vivent en deçà du seuil de pauvreté, soit 16% de la population européenne, et pratiquement un enfant sur cinq. On dénombre également beaucoup trop de travailleurs pauvres.

Comme la richesse, la pauvreté s’hérite en Europe. Elle se transmet d’une génération à l’autre et touche de plein fouet des groupes de population vulnérables, comme les malades et les handicapés.

(....)

Alors quel bilan pouvons-nous tirer de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ? Que restera-t-il des conférences, expositions, cérémonies qui se sont succédées tout au long de l’année 2010 ?

(...)

Il est vrai que les débats ont été dominés par la crise financière et la rigueur budgétaire. De nombreux Etats membres ont en effet adopté des plans d’austérité et ont opéré des coupes budgétaires dans les dépenses sociales. Le Parlement européen a lui-même dû revoir ses ambitions à la baisse concernant le budget 2011 de l’Union européenne.

Ceci étant dit, des engagements politiques forts ont été pris. Tout d’abord, en tenant compte des échecs passés, la fixation d’un objectif résolu de réduction de la pauvreté : le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans l’UE devra baisser de 20 millions d’ici 2020.

Mérite également d’être souligné le lancement de la Plateforme européenne contre la pauvreté, une des sept initiatives phares de la stratégie Europe 2020.

(...)

Désormais, c’est aux États membres de concrétiser l’engagement politique de l’Année européenne à leur niveau afin de favoriser une croissance plus inclusive.

(...)

La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ne doit pas prendre fin en même temps que l’Année européenne. Je tiens à saluer le travail remarquable des associations ici présentes qui luttent contre l’indifférence en maintenant nos consciences éveillées et permettent une vraie représentation des plus démunis et des plus faibles.

(...)

L’implication pleine et entière des acteurs de terrain que vous êtes me semble essentielle sur le chemin d’une Europe plus juste".



Portfolio