Une fois de plus, la diplomatie environnementale française a été à la pointe après l’adoption par l’Union européenne du « Paquet Energie Climat » sous présidence française en 2008 (suite au Grenelle de l’Environnement en 2007).
"L’Accord de Copenhague" engage politiquement les 192 Etats participants à COP15, y compris les Etats-Unis, la Chine et l’Inde (trois pays ayant refusé de ratifier le Protocole de Kyoto de 1997).
Les principaux pollueurs ont fait un premier pas pour prendre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et débloquer les fonds nécessaires, mais sans contrainte.
Bilan de COP 15
Les Etats présents ont ainsi accepté :
- la principe de limiter le réchauffement climatique à 2°C conformément aux recommandations scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
- de donner, au plus tard le 31 janvier 2010, des objectifs chiffrés et précis de réduction des GES à l’horizon 2020
- d’adapter leur réglementation nationale afin d’atteindre leurs objectifs
- de réfléchir à des financements innovants (taxe sur les transactions financières par exemple)
- d’aider les pays du sud (10 milliards de $ par an sur la période 2010-2012 ; 100 milliards de $ par an après 2012 dont 20% en faveur de la lutte contre la déforestation et 40% versés à l’Afrique)
Volontarisme européen : exiger des objectifs chiffrés et contraignants en 2010
L’UE a réaffirmé son souhait de réduire de 80% les émissions de GES d’ici 2050 et de 30% d’ici 2020.
En outre, l’idée de créer une Organisation européenne de l’environnement fait son chemin. Véritable force de régulation elle sera chargée de contrôler le respect des engagements étatiques au sein de l’UE. Elle préfigurerait l’instance mondiale qui n’a pu être imposée à Copenhague. Le multilatéralisme reste indispensable pour s’attaquer au problème du réchauffement climatique à l’échelle de la planète.
"L’Accord de Copenhague" est donc plus une étape qu’une fin en soi. L’objectif ultime reste de parvenir à des résultats tangibles par le biais d’un traité juridiquement contraignant lors de la conférence sur le climat qui se tiendra à Mexico à la fin de l’année 2010. La mobilisation des pays des quatre bassins forestiers mondiaux (Amazonie, Congo, Indonésie et Sibérie) et la création d’un axe diplomatique UE-Afrique pourraient peser dans la balance.



