Celle-ci rentre dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC) qui concerne plus particulièrement le monde rural et son environnement.
Créée en 1960, la PAC a été dotée dès la réforme de 1992 d’objectifs ciblant le respect de l’environnement, la préservation du paysage rural et des exploitations familiales.
Des mesures sont venus renforcées sa portée comme l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs.
La réforme de 1999 a permis d’aller plus loin encore, en créant un soutien au développement des zones rurales.
La réforme de la PAC pour 2013 - qui est actuellement en cours de traitement au Parlement européen - va également dans ce sens. La préservation et le développement des territoires européens sont des priorités affichées.
Les zones rurales sont un élément vital de l’Union européenne et font partie intégrante de son identité. Ces zones représentent plus de 91 % du territoire communautaire et plus de 56 % de la population des 27 États membres.
Le développement rural constitue par conséquent un domaine d’action extrêmement important.
L’agriculture et la sylviculture qui sont des secteurs très representés, jouent un rôle essentiel dans l’aménagement du territoire ainsi que dans la gestion des ressources naturelles
Ce sont des secteurs qui servent également de base à la diversification économique et qui sont porteur d’opportunités.
De plus, la richesse européenne trouve ses sources dans le fantastique éventail de paysages que compte l’Union européenne – il suffit de regarder notre paysage des Préalpes d’Azur pour s’en rendre compte.
Le renforcement de la politique de développement rural est par conséquent un domaine d’action prioritaire pour l’Union européenne puisque ces zones sont confrontées à d’importants défis :
La compétitivité qu’il faut accroitre ;
le revenu y est en moyenne encore plus faible que dans les zones urbaines ;
le socle de compétences y est plus restreint ;
le secteur des services y est moins développé ;
etc ...
De plus, l’entretien d’un environnement rural a souvent un coût financier non négligeable.
Malgrès ces handicaps, la campagne européenne a énormément à offrir.
Elle nous fournit des matières premières essentielles ;
et sa valeur en tant que lieu de beauté, de repos et de récréation – lorsque nous en prenons soin – est un véritable atout permettant de nombreuses opportunités.
Elle fait aussi office de poumon vert, et se trouve donc en première ligne dans la lutte contre le changement climatique.
Par ailleurs, nombreux sont séduit par l’idée d’y vivre, et d’y travailler, à condition qu’ils y aient accès à des services et des infrastructures de qualités.
La politique de développement rural de l’Union européenne consiste à relever les défis auxquels sont confrontées nos zones rurales en exploitant tout le potentiel de celles-ci.
Ainsi les différentes politiques pour la croissance et l’emploi, celles pour le développement durable, concernent autant nos campagnes que nos villes.
L’Union européenne dispose de différentes mesures communtaires qui tendent à harmoniser les actions dans les différents Etats membres car les questions abordées ont une incidence sur la vie des citoyens au-delà des frontières nationales ou régionales.
La politique rural européenne actuelle est axée sur trois thèmes :
- l’amélioration de la compétitivité des secteurs agricole et forestier ;
- l’amélioration de l’environnement et du paysage rural ;
- l’amélioration de la qualité de vie en milieu rural et l’encouragement de la diversification de l’économie rurale.
L’accent a été placé sur la cohérence de la stratégie de développement rural au niveau de toute l’Union
Cette cohérence résulte de l’utilisation de plans stratégiques nationaux fondés sur les orientations stratégiques de l’Union européenne afin :
• de déterminer les régions dans l’aide communautaire crée le plus de valeur ajoutée au niveau de l’UE ;
• d’assurer la cohérence avec les autres politiques communautaires, celles relatives à la cohésion économique et à l’environnement par exemple ;
• de contribuer à la mise en œuvre de la nouvelle politique agricole commune ;
• d’identifier les paysages ruraux européens mis en danger par la déprise agricole et le phénomène d’urbanisation croissante ainsi que certains modes d’exploitation agricole.
Ces orientations politiques sont majoritairement financés par le budget de l’Union européenne, à travers, entre autres, le Fonds de développement régional et le Fonds européen agricole de garantie, ainsi que les budgets nationaux ou régionaux des États membres.
D’autres programmes plus thématiques existent comme le programme instaurant les zones Natura 2000 qui a pour but de préserver la diversité biologique et de valoriser les territoires participe aussi à cet effort.
En France plus particulièrement, pour la période 2007-2013, le développement rural s’articule autour de trois éléments :
• les orientations stratégiques communautaires qui insistent sur les grandes stratégies européennes, c’est-à-dire sur le développement d’une économie basée sur la connaissance et l’innovation et respectueuse des principes de développement durable ;
• le plan stratégique de la France ; qui comporte quatre axes : l’amélioration de la compétitivité des secteurs agricoles et sylvicoles ; la gestion de l’espace et l’amélioration de l’environnement ; la diversification de l’économie rurale et la qualité de vie en zone rurale ; la mise en œuvre via l’approche LEADER, c’est à dire des stratégies locales intégrées, partenariales et ciblées ;
• et les programmes de développement rural qui sont au nombre de 6. Ce programme est doté de 6,8 milliards d’euros de crédits communautaires du FEADER. Le Ministère de l’agriculture et de la pêche en est l’autorité de gestion.
La gestion active des ressources naturelles par l’agriculture constitue un élément essentiel de la politique de préservation du paysage rural, de lutte contre la perte de biodiversité, d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation à ces changements.
L’agriculture européenne est une agriculture multifonctionnelle qui représente bien plus qu’un simple système de production, elle possède des fonctions environnementales, sociales, culturelles et naturellement de préservation du paysage.
C’est sur cette base que reposent le dynamisme des territoires et la viabilité à long terme de l’économie.
Vous l’avez compris plus que d’image de carte postale les paysages sont de véritables poumons verts. Il convient donc de les préserver. Ils sont constitués de multiples éléments fragiles dont l’harmonie est fragile.
Je souhaite finir avec un exemple concret.
A mon arrivée au Parlement européen en 2009, un de mes collègues espagnoles m’a averti d’un problème qui touchait son pays et les pays méditerranéen depuis de nombreuses années. C’est l’arrivée du charançon rouge du palmier importé d’Egypte.
Ces insectes se logent et pondent au cœur des palmiers et leurs présences est mortelle pour l’arbre.
J’ai donc monté un groupe de travail sur cette question pour étudier les différentes solutions pour éviter la prolifération qui, malheureusement avait déjà touché la côte d’azur.
Suite à notre intervention, la Commission européenne a débloqué des fonds dédiés à la lutte contre le charançon aussi bien dans le traitement des palmiers que dans la prévention.
Je vous le demande, pouvons-nous imaginer nos territoires côtiers sans les palmiers.
Je vous remercie.
Pour en savoir plus sur la politique européenne des paysages télécharger le document pdf :





