Proposition de réduction de 20% des voyages d’affaires des entreprises

La Commissaire européenne chargée de la société de l’information et des médias, Viviane Reding, a présenté le 9 novembre 2009 un ensemble de recommandations pour encourager l’usage "vert" des technologies de l’information et de la communication (ICT) afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre (’Visby Agenda : Creating impact for an eUnion 2015’).

La Commissaire propose, notamment, que les entreprises recourent davantage au télétravail et réduisent les voyages d’affaires de 20% au profit de la visioconférence, ce qui amènerait une économie annuelle de 22 millions de tonnes de CO2.
Sans remettre en cause la validité de ces préoccupations environnementales, l’impact d’une telle mesure sur le tissu économique et industriel européen ne doit pas être sous-estimé pour autant.
En effet, le secteur d’activité des rencontres et évènements professionnels (foires, salons et congrès) a un poids économique non négligeable en Europe. Certaines localités sont tournées essentiellement vers le tourisme d’affaires ; elles se sont dotées d’infrastructures ad hoc (parcs d’expositions et palais des congrès) et ont acquis une réputation internationale dans ce domaine. En outre, tout un ensemble de services connexes dépend de l’accueil et de l’organisation de manifestations professionnelles : hôtellerie, restauration, transport, agences de communication et d’évènementiel, petits commerces etc. L’impact économique et social (direct, indirect ou induit) des activités de congrès est important, ce qui démontre leur rôle dans la dynamisation et la stimulation du tissu local.
Par conséquent, si la proposition de la Commission de réduire les voyages d’affaires de 20% se traduisait par des dispositions contraignantes, ceci aurait des conséquences dévastatrices sur un secteur et des territoires déjà victimes d’un contexte économique défavorable, qui oblige les entreprises à limiter ou à geler les déplacements de leurs employés.
Où en est la réflexion de la Commission européenne à ce sujet ? La Commission a-t-elle décidé de consulter les acteurs et les municipalités spécialisés dans le tourisme d’affaires ? A-t-elle déjà réalisé une étude sur l’impact économique et social de la réduction annoncée des voyages d’affaires ?

Réponse de la Commission européenne :
La Commission est tout à fait consciente de l’importance des voyages d’affaires et entretient un contact régulier avec toutes les parties intéressées, y compris les associations professionnelles dans le secteur du tourisme d’affaires. Elle tient donc à rassurer l’Honorable Parlementaire et à lui garantir qu’elle n’a jamais eu l’intention de faire une proposition visant à réduire les voyages d’affaires de 20 % ou d’un quelconque autre pourcentage.