Les dégâts occasionnés par les espèces envahissantes et les insectes destructeurs ainsi que les mesures de contrôle qui y sont associées coûtent chaque année plus de 12 milliards d’euros à l’Union européenne. Afin de limiter ces coûts et de sauvegarder la biodiversité, la prévention, la surveillance et la recherche sont nécessaires.
Dans le cadre de la préparation du 8e Programme-cadre pour la recherche (PCRD) et de la future révision de la politique européenne de santé des plantes prévue au premier semestre 2012, la Commission envisage-t-elle de mobiliser plus de financements pour la recherche sur les espèces envahissantes (recherche phytosanitaire, lutte biologique...) ?
Compte-t-elle confirmer et consolider son soutien au réseau EUPHRESCO, réseau de laboratoires de recherche sur les espèces envahissantes ?
Serait-il possible de développer, dans ce cadre, des soutiens à des programmes d’expérimentation pour tester de nouveaux moyens de lutte ou des remèdes ?
En outre, la Commission ne pourrait-elle pas envisager de former des réseaux régionaux de laboratoires de recherche spécifiques à des biomes pour des invasions localisées (comme le charançon rouge du palmier) ? Ne serait-il pas ainsi possible de mettre en place un réseau régional méditerranéen qui réunisse les pays du Sud de l’Europe mais aussi les pays partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ?
Il serait également intéressant de poursuivre les travaux réalisés au titre du programme DAISIE (Delivering Alien Invasive Species inventories for Europe). Fondé dans le cadre du 6e PCRD, ce programme a permis de recenser plus de dix mille espèces non indigènes sur trois ans grâce à l’association de différents centres de recherche et universités à travers l’Europe, mais aussi hors d’Europe. Au-delà du recensement des espèces, la Commission ne pense-t-elle pas qu’il serait opportun, désormais, de proposer des méthodes communes de gestion ou d’éradication ?
Réponse donnée par Mme Geoghegan-Quinn au nom de la Commission européenne le 11.8.2011 :
L’évaluation du régime phytosanitaire de l’UE, c’est-à-dire le cadre législatif destiné à prévenir l’entrée, l’établissement ou la dissémination d’organismes nuisibles dans l’Union (un groupe spécifique d’espèces envahissantes) a mis en évidence la nécessité de renforcer la prévention de l’introduction et de la dissémination de ces organismes. Afin d’optimiser l’utilisation des ressources rares, il a également été souligné qu’il fallait une approche davantage fondée sur le risque. Cela impliquera de renforcer l’aide apportée par la recherche, pour évaluer les risques et disposer de méthodes de diagnostic plus rapides et plus efficaces. Le besoin s’est fait jour également d’établir des laboratoires de référence de l’UE pour certains organismes nuisibles. Le réexamen actuel du régime devrait permettre la mise en place de ces laboratoires.
Plusieurs projets bénéficient déjà d’un concours au titre du septième programme-cadre de recherche et de développement technologique (7e PC, 2007-2013) afin d’examiner les questions de prévention et de surveillance d’organismes constituant une préoccupation en matière phytosanitaire. Ils ont pour objectif de produire des techniques d’analyse du risque phytosanitaire ou de fournir des outils de diagnostic efficaces et bon marché destinés à être utilisés par les organisations nationales de la protection des végétaux et les services d’inspection compétents en la matière. Un autre projet examine l’incidence potentielle du changement climatique sur la sensibilité des écosystèmes forestiers face aux dégâts causés par des parasites et agents pathogènes envahissants.
Des travaux de recherche menés par des consortiums de laboratoires de recherche et consacrés aux interactions d’agents phytopathogènes spécifiques bénéficient également d’un soutien, en vue de pouvoir éradiquer ou mieux gérer les agents pathogènes et les parasites constituant une préoccupation phytosanitaire spécifique qui sont déjà présents dans l’UE, à savoir la sharka du prunier, le nématode du pin ou le charançon rouge du palmier.
EUPHRESCO II est un nouveau projet de mise en réseau pour les gestionnaires de la recherche phytosanitaire, dans le cadre du 7e PC. Faisant suite à EUPHRESCO I, il a été lancé officiellement en mars 2011 et se poursuivra jusqu’en 2014, avec un consortium de 31 organismes. Euphresco II est en mesure d’organiser, au moyen d’appels conjoints, des activités de recherche portant sur de nouvelles solutions ou mesures de contrôle et pourrait faciliter la mise en réseau de laboratoires de recherche, notamment les laboratoires des pays du sud de l’UE et des pays partenaires méditerranéens.
Le 7e PC ne soutient aucun projet portant directement sur des activités similaires à celles relevant du projet DASIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), qui vise à recenser les espèces exotiques envahissantes pour l’Europe et est financé au titre du sixième programme-cadre de recherche et de développement (6e PC, 2000-2006), et il n’est actuellement pas prévu d’organiser d’appels à propositions sur ce thème.
D’autres possibilités pourraient apparaître dans le cadre d’Horizon 2020, le futur cadre stratégique commun pour la recherche et l’innovation (2014-2020) qui est en cours d’élaboration. La proposition législative relative à Horizon 2020 est attendue pour la fin de l’année et abordera notamment des problèmes auxquels notre société est confrontée, tels que la sécurité alimentaire, l’utilisation efficace des ressources et le changement climatique.
Le contrôle efficace des espèces exotiques envahissantes dépend d’une connaissance approfondie de l’écologie de l’organisme ainsi que de l’écosystème ou des habitats concernés. Il n’est donc pas certain que la Commission soit en mesure de fournir des méthodes communes pour la gestion ou l’éradication des espèces envahissantes, si ce n’est soutenir une approche fondée sur les écosystèmes pour faire face à ces espèces.
Ceci étant, la Commission planche en ce moment sur un instrument législatif spécifique concernant les espèces exotiques envahissantes et visant notamment à combler les vides législatifs actuels et à établir une politique commune de l’UE portant sur la prévention, sur l’alerte précoce et la réaction rapide et sur l’éradication et la gestion de ces espèces. Cet instrument devrait permettre de respecter les objectifs fixés pour 2020 en matière de biodiversité, adoptés lors de la 10e réunion des parties à la Convention sur la diversité biologique. L’un de ces objectifs portant spécifiquement sur les espèces exotiques envahissantes a été intégré dans la stratégie récemment adoptée par l’UE en matière de biodiversité pour l’après 2010.



